VENDREDI, LE 10 MARS 2006
LEVEE DE DRAPEAU DU
TIBET AU CONSEIL REGIONAL D'ILE-DE-France
57 rue de Babylone, 75007 PARIS (Métro
: St François Xavier / Ligne 13)
08 h 30 Cérémonie
de levée de drapeau du Tibet :
2 drapeaux hissés sur le fronton au préalable et 1 drapeau
sera symboliquement déroulé sur la grille
10h 00 : Conférence dans l'hémicycle
du Conseil régional, sur le thème :
"Quelles actions en faveur de la paix, de la démocratie
et de l'écologie en Asie ?"
Présidence de Mme Haddad, interventions de M. Wangpo Bashi,
Bureau du Tibet,
Mme
Marie Holzman, sinologue, et de M. Jean-Marc Brulé, Conseiller
Régional
CE QUE REPRÉSENTE LE 10 MARS 1959 :
C'est au cours des années 1949/50 que les troupes
de l'armée chinoise envahirent le territoire tibétain. Le
Tibet lança un appel à la communauté internationale
qui resta sans réponse. Seule face à la Chine, une petite
délégation tibétaine fut contrainte de signer, en
1951, à Pékin, l'infâme " Accord en 17 Points
" dans lequel le Tibet faisait abandon de sa souveraineté.
Un accord inique, qui sera dénoncé plus tard par le XIVème
Dalaï-Lama. Il s'ensuivit, pour le Tibet bouddhiste et la Chine communiste,
une période de neuf années de coexistence difficile.
Les Tibétains du nord-est et de l'est du Tibet, qui assistèrent
les premiers à l'intrusion de l'Armée populaire de libération,
fuirent devant la répression chinoise croissante et durent gagner
les zones rurales. C'est là qu'une résistance armée
s'organisa, laquelle se propagea bientôt dans tout le Tibet. Tristement
célèbres dans la mémoire des tibétains, les
provinces de l'Amdo et du Kham furent la scène d'un cycle résistance-répression
qui contraignit des milliers de Tibétains à fuir vers le
Tibet central et vers Lhassa, relativement plus sûrs. Mais le ressentiment
de ces populations, engendré par l'arrogance avec laquelle la Chine
traitait le gouvernement tibétain, s'abreuvait encore des récits
de destruction des monastères et de massacre de lamas et de moines
que rapportaient les réfugiés venus du Tibet oriental. Bientôt,
le mécontentement qui couvait se traduisit par une défiance
ouverte à l'égard de la Chine.
Le 10 mars 1959, ce sont des dizaines de milliers d'hommes et de femmes
qui descendent dans les rues de Lhassa pour réclamer l'indépendance
du Tibet. Ce mouvement de protestation, porté par une population
déjà exaspérée, fut réprimé
dans un bain de sang. Selon une estimation chinoise, près de 87
000 tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central.
Il fallut un peu plus de trois jours à l'Armée Populaire
de Libération pour venir à bout du soulèvement, mais
elle ne réussit pas à étouffer le mouvement de résistance
qui se répandait dans tout le Tibet.
Le soulèvement du 10 mars et sa répression inconditionnelle
eurent pour conséquence la fuite vers l'Inde du Dalaï-Lama,
des membres de son gouvernement et d'environ 80 000 tibétains.
Le gouvernement tibétain en exil, depuis son siège de Dharamsala,
petite ville située au nord de l'Inde dans les contreforts de l'Himalaya,
a développé, sous la conduite du Dalaï-Lama, une résistance
non violente à l'occupation chinoise, résistance qui a donné
naissance à un Mouvement pour la liberté du peuple tibétain
étendu aujourd'hui à l'échelle mondiale.
Aussi chaque année, où qu'ils soient, les Tibétains
commémorent le 10 mars, pour qu'eux-mêmes se souviennent
et pour rappeler au monde que les tibétains qui sont morts pour
la cause de la liberté ne sont pas morts en vain, que leur mort
est un sacrifice juste et noble, consenti pour que puisse renaître
un Tibet libre.
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